Work Text:
ÉCLAIR BLANC
Gwaine chassait avec Merlin et Arthur, près d’une des frontières de Camelot, quand ils furent pris pour cible par un petit groupe d’envahisseurs. Ils étaient en infériorité numérique, à dix contre un… quinze s’ils ne comptaient pas Merlin… le combat allait finir de manière horrible. Gwaine essayait de faire son maximum pour rester près de Merlin, mais Arthur s’était retrouvé encerclé par un désordre d’hommes et d’épées ; il n’y avait aucune chance qu’ils s’en sortent tous vivants.
Soudainement, les yeux de Merlin s’illuminèrent d’or. Des éclairs s’abattirent du ciel, frappant leurs ennemis qui tombèrent, morts, sur le sol.
Gwaine eut à peine le temps d’être surpris (surtout à cause du fait qu’il se sentait très peu surpris, si ça avait du sens) avant de repérer Arthur. Il avait été épargné par les éclairs. Il pivota sur lui-même et se précipita vers Gwaine et Merlin. Heureusement, l’or avait disparu des yeux de Merlin quand Arthur fut assez proche pour les voir.
- Qui a fait ça ? gronda Arthur en foudroyant Gwaine et Merlin du regard. Lequel d’entre vous a fait ça ?
Merlin était son plus vieil et son meilleur ami. Gwaine était prêt à mourir pour lui sans y réfléchir à deux fois. Ça ne signifiait probablement pas grand-chose, parce que Gwaine adorait les combats où il avait de faibles chances de survie et on pourrait arguer qu’il était prêt à mourir pour n’importe quoi, incluant des étrangers dans les bars qui auraient des amies charmantes. Mais. Gwaine pourrait vivre pour Merlin, avec Merlin ; et même s’il pouvait voir que Merlin était bien plus épris d’Arthur que Gwaine ne l’était de lui, il aimait profondément Merlin.
Gwaine se demandait si l’un d’entre eux savaient ce qu’Arthur ferait si Merlin admettait user de magie. Il était indécis. Il ne savait absolument pas si Arthur était dans le bon état d’esprit pour être rationnel. Si Merlin parlait, il allait être blessé, d’une manière ou d’une autre. Gwaine savait que Merlin serrait dévasté s’il n’avait plus Arthur… c’était clair pour tous ceux qui avaient des yeux.
Merlin parvenait difficilement à masquer sa terreur devant le regard d’Arthur qui passait de l’un à l’autre. Arthur avait l’air furieux ; sa main était serrée sur le pommeau de son épée… même si Gwaine avait remarqué qu’il l’avait remise dans son fourreau entre la fin de la bataille et le moment où il s’était tourné vers eux pour leur hurler dessus.
Gwaine serait triste, pendant un moment, sans Merlin, Arthur et les soldats qui étaient devenus des frères pour lui mais il s’en remettrait.
Alors Gwaine fit un pas en avant, un sourire arrogant aux lèvres.
- C’était moi. » dit-il.
Arthur tira son épée à l’instant.
- Tu ne peux pas me battre quand je n’utilise pas la magie… se moqua Gwaine en riant. Qu’est-ce qui te fait penser que tu as une chance maintenant ?
- Tu as enfreins les lois que tu as juré de faire respecter, déclara Arthur d’une voix tremblante. Je n’ai pas le choix, Gwaine.
- Ce n’est vraiment pas nécessaire, dit Gwaine avant d’ajouter en pointant du doigt vers l’est où une rivière coulait : C’est la frontière ; je l’aurai passé en un rien de temps.
- Je ne peux pas te laisser faire ça, refusa Arthur en levant son épée.
- Arthur… intervint Merlin, d’une voix serrée.
- Tout va bien, Merlin, le coupa Gwaine, bruyamment. La Princesse peut essayer de m’en empêcher, mais je serais en train de déguster une bien meilleure bière que celle qu’on peut trouver à Camelot d’ici la tombée de la nuit. »
Il s’avança vers Merlin et l’embrassa sur la joue… surtout parce qu’il voulait embrasser Merlin sur les lèvres mais il était certain qu’Arthur lui aurait passé son épée à travers le corps s’il l’avait fait mais aussi pour pouvoir murmurer à son oreille.
- Il n’a pas tiré son épée jusqu’à ce que je dise que ce n’était pas toi, souffla Gwaine. Mais si tu lui dis et qu’il te met à la porte, tu pourras toujours venir prendre un verre avec moi, n’importe quand.
Merlin se jeta en avant, enroulant ses bras autour de Gwaine.
- Je suis désolé, chuchota-t-il. Tu vas me manquer. Merci.
Gwaine lui rendit son étreinte, essayant de mémoriser l’odeur de Merlin, à quel point sa taille paraissait mince entre ses mains et la manière dont son foulard lui chatouillait la gorge. Puis, il s’écarta parce que chaque seconde qui passait, il lui était plus difficile de partir.
Arthur avait toujours son épée levée, mais son regard glissa vers Merlin.
- Laissez-le partir, Arthur, implora Merlin.
Le visage d’Arthur se crispa mais il finit par adresser un hochement de tête à Gwaine.
- Arthur, déclara Gwaine. Ce fut un honneur.
Et il se tourna vers la frontière, sans regard en arrière.
