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— Regarde-la, comme elle est mignonne. Vas-y, Landry, prends-la dans tes bras.
D’abord, le concerné hésita. Le bébé en face de lui, sa propre fille, babillait en paix et agitait ses petits poings. Cette pauvre petite ne méritait pas un père comme Landry du Lauzon, templier déchu et pécheur. Voilà ce que ce dernier se répétait sans cesse, tout en léguant son rôle de protecteur à sœur Anne et une nourrice.
— S’il te plaît, Landry, murmura Tancrede. Il s’agit de ta fille Eve. Fais-lui sentir que tu es là.
— Oui, faites donc, Landry, insista la religieuse en souriant.
D’un geste tremblant, le frère templier prit l’enfant entre ses mains et l’observa un instant, l’air perdu. Eve continuait de gigoter et de gazouiller, un peu de bave coulant de sa toute petite bouche. Son père gloussa et essuya la salive de son pouce avant de bisouiller le front du bébé.
— Bonjour, chuchota-t-il. Ma chère fille.
Tancrede sourit et se rapprocha de Landry, osant mettre une main sur son épaule. L’autre s’appuya un peu plus contre lui, quelque peu nerveux mais comblé. Son regard devint plus doux et son visage se détendit peu à peu.
— Tancrede, je te suis redevable à vie, déclara-t-il en regardant son compagnon. C’est grâce à toi qu’Eve est en sécurité.
— Il est normal que je t’aide, mon frère, répondit le susnommé sur un ton modeste. Être père est une chose formidable, c’est une bénédiction qu’aucun autre templier ne pourra vivre.
Landry montra Eve à son ami, qui tapota son petit nez du bout de son index. Sœur Anne et la nourrice se retrouvèrent fort attendries par cette scène.
Cette enfant méritait une vie tranquille et épanouie. Et les quatre compères mettraient tout en œuvre pour lui offrir cette existence.
