Chapter Text
Ville de Vale, État de New York
From Dusk till Dawn portait bien son nom. À cette heure tardive, c’était l’une des seules boutiques du quartier encore ouvertes. Joe Doe se demandait quel bien ça pouvait lui faire, puisqu'il n’avait qu’une seule cliente. Chaque année, il se sentait un peu plus cassé par le travail que la précédente, et se disait qu’il ferait mieux de se ménager en écourtant les horaires, voire en arrêtant tout à fait.
Mais voilà, il avait toujours besoin d’un toit, alors il s’accrochait, guettant le jour où il pourrait tirer le rideau, et passer son temps à boire du thé et à lire. Il se tourna vers la jeune fille en tenue gothique qui lisait un magazine dans le fond du magasin. Il n'appréciait pas ça en temps normal, mais Ruby Rose était une cliente régulière, et il pouvait bien lui accorder ça. Si elle suivait ses habitudes, elle serait partie dans une heure, de toute façon.
Un carillon sonna, indiquant que de nouveaux clients étaient entrés. Joe se tourna vers l’entrée, préparant sa phrase d’accueil habituelle, mais les mots moururent dans sa gorge quand il vit les nouveaux venus.
Une douzaine d’hommes en costume noir, lunettes rouges et chapeaux. Tout hurlait “gangsters” chez eux. Un homme en manteau blanc marchait à leur tête, visiblement le chef. Avant que Joe ne puisse esquisser un geste, l’un des hommes en costume fit jaillir une arme de sa ceinture pour la lui pointer entre les deux yeux.
Sa gorge s’assécha, et il se retrouva incapable de parler.
- “Bon, grand-père, y a pas de raison que ça se passe mal”. Fit l’homme en manteau blanc. Joe avait l’impression de l’avoir déjà vu, mais il ne se rappelait plus où.
- “Tu fais comme si de rien n’était, et il n’y a aucune raison pour que toi ou ton magasin en souffre. Tu seras juste à cours de marchandise pendant quelque temps !”.
Les autres hommes s’étaient déjà mis en mouvement, vidant ses réserves de Dust. L’impuissance était atroce, mais elle n’était rien face à la peur de mourir.
- “Et gamine, qu’est ce que tu fous ?” lança soudainement l’un des malfrats.
Oh non, Ruby ! Qu’est ce qu’ils allaient lui faire ?
Le bandit qui s'était approché de la jeune fille eut un sifflement de douleur sonore et vola à travers le magasin comme une balle de tennis, frappa deux de ses comparses comme des quilles, et ils furent tous les trois éjectés à l’extérieur, emportant la porte avec eux. Le reste de la bande fonça vers eux, choqués au point où ils laissèrent tomber leur butin sur place, laissant le carburant se répandre sur le sol.
Ruby Rose courut après eux. Voyant les dégâts infligés à la porte, elle se tourna vers Joe.
- “ Désolée, monsieur Doe !”.
L’instant d’après, elle était sortie, ne lui laissant pas le temps de répondre. Contre toute logique, Joe décida de regarder ce qui se passait à l’extérieur à travers la vitrine.
Les criminels sortirent des sabres et chargèrent Ruby, qui sauta littéralement sur l’homme le plus proche, le touchant en pleine poitrine. Il tomba au sol et glissa en arrière, Ruby se tenant debout sur lui. Les autres malfaiteurs l'encerclèrent, et attaquèrent tous en même temps. Ils n’avaient aucune cohésion, mais le nombre jouait en leur faveur.
Ruby attrapa un objet dans son dos, qui se déplia en un instant, dans un chœur de cliquetis métalliques. Elle exécuta un mouvement des mains, et son arme, rendue floue par la vitesse, décrivit un cercle autour d’elle, qui stoppa les bandits. Trois d’entre eux tombèrent au sol, assommés.
Ruby sauta, d’un bond d’au moins cinq mètres, et atterrit un peu plus loin avec agilité. Son arme était maintenant visible : une faux, rouge et noire, massive et complexe, plus grande que sa propriétaire. Les six criminels restants reculèrent, intimidés.
- “Vous avez fini de jouer ?” ironisa une voix venue de derrière.
Ils chargèrent à nouveau. Ruby les prit de vitesse et frappa le premier à la tête avec le troisième tiers de son arme, le faisant s’affaisser au sol. Le deuxième lança un coup de sabre, mais elle fut plus vive et l'assomma à son tour du plat de la lame. Le troisième n'eut pas plus de chance, et reçut un coup de talon dans le menton. Elle balaya les jambes du quatrième tandis qu'il essayait de l’attaquer dans un angle mort, et il chuta lourdement. Les deux derniers tentèrent une offensive, et Ruby les neutralisèrent d’un coup du plat de la lame pour l’un et d’un coup du talon pour l’autre.
Le tout avait duré une minute au maximum. Joe était impressionné. Il ne pensait pas qu’une simple élève de Signal était capable de ça.
Leur chef ne partageait pas son enthousiasme.
- “ Et bien, vous valiez chaque centime, vraiment”. Fit il en regardant l’un des hommes au sol. Il releva la tête vers Ruby.
- “Je crois qu’on peut dire que ça était une soirée riche en émotions, Rouge, mais malheureusement c’est l’heure de tirer le rideau”.
Il pointa sa canne sur Ruby et une boule de feu jaillit de son arme. La jeune fille esquiva avec un bond, le projectile explosa au sol, et l’homme en profita pour s’enfuir, en grimpant sur un toit via une échelle.
Ruby sauta et atterrit sur le toit. Elle trouva le bandit devant un étrange véhicule volant, d’aspect futuriste. Oh !, pas question !
- “ Stop !” lança t’elle, braquant le canon de son arme, intégré à la hampe, sur l’homme.
- “ Et persistante avec ça !”.
Il se retourna et lança un cristal rouge au visage de la jeune fille dans le même mouvement, avant de tirer dessus avec sa canne. Ruby n’eut pas le temps de réagir.
Mais l’explosion ne l'atteignit pas. Une femme, apparue de nul part, s'était interposée juste à temps, la protégeant avec des runes d’énergie violette. Elle esquissa un geste, et des flèches du même aspect que les runes, fusèrent sur le malfrat, qui en avait profité pour filer. Elles explosèrent sur le véhicule volant, le déséquilibrant, mais sans faire de réels dégâts.
Une silhouette féminine, dont le visage était caché par l’obscurité, échangea sa place avec celle de l’homme en manteau blanc. Elle tendit sa main devant elle, et un large projectile incendiaire en jaillit. La femme qui avait protégée Ruby dispersa l’attaque avec ses runes, stoïque. La silhouette releva son bras.
Anticipant la technique, son adversaire sauta sur le côté. Juste à temps : une colonne de feu massive jaillit là où elle se trouvait l’instant d’avant.
Ruby, qui n’avait rien perdu de l’échange, reprit ses esprits. Elle braqua son arme sur la silhouette et tira à plusieurs reprises. Mais la mystérieuse femme arrêta les balles de sa main nue, impassible. Elle esquissa un geste du bras et plusieures cercles ardents apparurent sur le toit sous les pieds Ruby et de la femme qui l’avait aidée. Celle-ci jeta un regard à la jeune fille, et fit un mouvement du bras. Ruby se retrouva éjectée en arrière, comme poussée par une force mystérieuse. La femme elle-même sauta sur le côté, esquivant les explosions provoquées par le sort. Elles relevèrent la tête vers le vaisseau : il avait disparu, et les deux bandits avec.
Ruby se tourna vers la femme. Elle était grande, blonde, et portait des lunettes. En chemisier blanc et jupe noire, elle avait une apparence stricte et professionnelle. La jeune fille ne savait pas qui elle était, mais elle savait ce qu’elle était.
- “ Vous êtes une huntresse !” affirma t’elle d’une voix chargée d’admiration.
- “ JE PEUX AVOIR UN AUTOGRAPHE ?” cria-t-elle, des étoiles et de l’espoir plein les yeux.
…………
Au lieu de ça, elle se retrouva dans une pièce sans lumière ni fenêtres, tandis ce que l’huntresse, Glynda Goodwitch, c’était comme ça qu’elle s'était présentée, la sermonnait :
- “ J’espère que vous avez bien conscience de la gravité de vos actions. Vous mettre en danger comme ça était complètement irresponsable de votre part. Si ça ne tenait qu’a moi, je vous renverrai chez vous avec une tape dans le dos et une autre sur les doigts !”
Elle fouetta sa cravache sur la table devant Ruby, faisant sursauter la jeune fille. Mais cette dernière sentit la colère monter en elle. Pas question qu’elle se laisse faire.
- “C’est eux qui ont commencé ! Et je ne pouvais pas les laisser voler monsieur Doe comme ça !”.
Glynda soupira, comme si elle s’attendait à cette réponse.
- “Quelqu’un souhaite vous parler. C’est lui qui décidera de votre sort”.
L’unique porte de la pièce s’ouvrit, et un homme entra. Grand, les cheveux argentés, il portait une paire de petites lunettes rondes, et un veston noir par dessus une chemise vert sombre. Le tout le faisait ressembler à un gentleman anglais de l’ancien temps. Il tenait une tasse de café dans une main et une assiette de cookies dans l’autre .
Il marcha jusqu’à la table, et déposa les gâteaux devant Ruby, avant de s’asseoir en silence en face d’elle.
La jeune fille en prit un avec hésitation, un peu surprise, avant de mordre dedans. Pépites de chocolat, ses préférés. L’assiette fut bientôt vide et Ruby se sentit beaucoup mieux.
- “Ruby Rose”. Fit t’il. “ On m’a relaté tes exploits de ce soir. Je vois que les professeurs de l’académie Signal t’on bien formée”.
Ruby rougit un peu au compliment, se frottant l'arrière du crâne.
- “Et bien, c’est un professeur en particulier. Mon oncle Qrow”.
- “C’est bien ce qu’il me semblait. Il est la seule autre personne que je connaisse qui se serve aussi bien de cette arme. Et dis moi, que comptes tu faire une fois que tu seras diplômée de Signal ?”.
- “Rejoindre l’académie Beacon.” répondit t-elle sans hésitation. “ Ma grande sœur va y rentrer cette année, et puis être une huntresse est mon rêve depuis toujours, alors… "
- “Pourquoi veux-tu devenir une huntresse à ce point ?”
- “Parce que sont des héros ! Je veux dire, les policiers aussi protègent les gens, mais les hunters…. Ils ont une vie tellement plus romantique, et excitante, et, et….. !”.
- “Sais tu qui je suis ?” l'interrompit-il.
Ruby se calma immédiatement.
- “Vous êtes le professeur Ozpin, le directeur de Beacon”.
Ozpin eu un petit sourire.
- “A quel point veux-tu rentrer dans mon école ?”
Ruby soupira.
- “Plus que tout au monde”.
- “Dans ce cas, c’est décidé. Je ne peux pas refuser le souhait d’une fille aussi brillante. Nous t’enverrons les modalités d'inscription, et tu pourras rentrer cette année. Comme ça tu rejoindras ta soeur, n’est ce pas ?”.
Les yeux de Ruby menaçaient de jaillir de leurs orbites tant ils grandissaient.
- “VOUS ÊTES SÉRIEUX ?” hurla-t-elle. Elle se reprit l’instant d’après, l’air coupable.
- “Evidemment. Pourquoi ne te donnerais-je pas ta chance ?”.
- “Oh mercimercimercimerci…..”
- “C’est tout naturel. Tu devrais retourner chez toi, ta famille doit s’inquiéter, non ?”.
Le visage de Ruby se mua en masque d’horreur. Comment allait t-elle expliquer ça à son père ? Elle serait punie jusqu’à la fin de ses jours, et elle ne pourrait pas rentrer à Beacon !
- “Je suis sûr qu’ils comprendront, ne t’en fais pas comme ça”. Ajouta Ozpin en voyant la réaction de la jeune fille.
Ruby hocha la tête en signe d’approbation, se leva, sortit de la salle, et fila à travers le commissariat comme une étoile rouge et noire.
Une fois la jeune fille partie, Glynda ne put retenir les mots qui lui brûlaient la langue.
- “Vous êtes sûr de vous, professeur ?”
- “Allons, Glynda. Tu n'as pas envie de voir ce dont cette jeune fille est capable ?”.
- “Elle est naïve et imprudente”.
- “Alors à nous de l’aider à grandir”.
Glynda n’était clairement pas convaincue, mais elle n’ajouta rien.
……….
Le sable et la rapière s’entrochoquèrent, laissant échapper un désagréable bruit de métal et des étincelles blanches.
Weiss Schnee tenta de faire glisser sa lame sur celle de son adversaire, mais Winter la prit de vitesse, et dévia son épée sur le côté avec force, avant d’estoquer.
Weiss esquiva le coup de justesse, le cœur battant, et activa le barillet de son arme. La lame de son épée vira au jaune, mais Winter libéra sa prise sur la rapière de Weiss, et évita d’être éléctrocutée.
Winter enchaina un coup fendant, un coup médian et un estoc à une vitesse folle, et Weiss peina à bloquer les coups. Soudain, alors que Winter continuait son assaut, Weiss fusa en arrière, comme si la gravité avait arrêté de l’affecter.
Un symbole de flocon de neige, noir comme l’encre, apparu sous les pieds de Winter, et elle se retrouva propulsée vers sa soeur. Cette dernière fit apparaître le même symbole, et elle bondit dans les airs, évitant la charge de WInter.
Winter fit apparaître un autre symbole, et bondit à la rencontre de Weiss. Celle-ci se protégea avec son épée, mais l’estoc de sa sœur l’envoya quand même voler contre l’un des murs de la salle d'entraînement. Elle tomba à terre.
Winter créa un nouveau symbole en plein air, et plongea sur Weiss à la vitesse d’une balle de fusil. Un symbole de flocon de neige, d’un blanc pur cette fois ci, apparu sur le mur, et Weiss se retrouva attiré vers lui.
Winter toucha terre en faisant exploser le marbre de la salle du sol, et se tourna vers sa sœur. Celle-ci se propulsa à l’aide d’un symbole noir, mais Winter para sans effort son fendant avant de riposter avec un estoc.
Mais Weiss fusa brutalement vers le sol et passa sous le bras de sa sœur. Weiss arma un estoc et la pointe de son épée toucha le bras tendu de sa sœur, au même moment où Winter avait dégainé son épée de côté, dont la lame touchait presque le cou de Weiss. Elles ne surent pas combien de temps elles restèrent ainsi, prises dans leur propre monde.
- “Félicitations, Weiss” fit une voix à quelques mètres des deux sœurs.
Les deux sœurs se ranimèrent d’un coup, surprises, avant de se tourner vers la troisième personne. C’était une femme d’une quarantaine d’années, aux longs cheveux blancs comme la neige. Elle ressemblait tellement à Weiss et à Winter qu’on comprenait du premier coup qu’elle ne pouvait qu’être leur mère.
Winter n’osa pas regarder Willow dans les yeux. Elle avait le visage fermé, et le regard préoccupé.
- “C’est bien ce que tu avais dit, Winter ? Qu’elle devait te toucher ou bien de te faire utiliser ta deuxième arme. Donc, tu n’as plus d’objections ?”.
Winter ne répondit pas tout de suite.
- “Non. Non je n’ai pas d’objection, Weiss. Je te laisserai aller à Beacon”.
Weiss hocha timidement, un peu maladroitement, la tête.
- “Merci, Winter”.
Willow regarda tout à tour ses deux filles. Dieux, ce qu’elles peuvent être compliquées, parfois. Elle s’arrêta un instant sur Winter. Tu n’as toujours pas compris pourquoi elle à choisi Beacon et pas Atlas, pas vrai ?
- “Vous devriez vous reposer, toutes les deux” fit Willow. “Weiss, on s’occupera de ton inscription demain”.
- “D’accord mère” répondit la jeune femme.
…….
La jeune fille fuyait à travers la forêt, sautant d’arbres en arbres. Elle partit vers la droite sur un kilomètre, puis vira brutalement à gauche. Elle continua dans cette direction jusqu’à en perdre le souffle, s’arrêta quelques secondes pour récupérer, puis repartit là où son regard se posa. Elle n’avait aucune idée de combien de temps s’était écoulé quand la ville apparue dans l’horizon.
Parfait. Il aurait du mal à la trouver là bas. Elle sauta au sol avec souplesse, se noua un ruban autour de la tête et marcha tranquillement jusqu’à la lisière de béton, s'efforçant de prendre un air anodin.
Elle erra longuement dans les rues, sans but. Elle finit par se calmer, et sauta jusqu’au sommet d’un immeuble avec agilité, pour réfléchir. Elle devait se cacher. Mais où ? Un endroit avec beaucoup de monde, qui lui permettrait de se fondre dans la masse. Sécurisé, bien sûr. Un endroit où Adam ne penserait pas la chercher. Elle eut un rictus sarcastique. Aucun endroit au monde ne correspondait à ces critères. Attends un peu…… Non. C’était une idée stupide, qui lui attirerait tous les ennuis imaginables. Elle essaya de penser à autre chose, en vain.
Besoin d’argent. Tu sais ou en trouver. S’ils savent que je suis une faunus….. Tu peux le cacher.
Elle soupira. Malgré la peur qui lui nouait le ventre, elle prit sa décision. Première étape, l’argent. La planque des Red Fangs à laquelle elle pensait était à l’autre bout de la ville. Elle sauta de toit en toit, ayant retrouvé son assurance.
Le trajet fut long et marqué de plusieurs pauses, car elle avait besoin de conserver son énergie, mais elle arriva finalement non loin de l’immeuble abandonné qui servait de repère aux terroristes dans cette partie de la ville.
La jeune fille le fixa, immobile et accroupie. Ce qu’elle ferait dans les prochaines minutes déciderait de son sort. Elle devait être sûre d'elle. Elle repensa à l’expression d’horreur pure sur le visage d’Adam quand elle s'était enfuie, et elle eut un pincement au cœur. Mais un autre souvenir lui vient : “ Pourquoi voudrais-tu que je me préoccupe des gardes ?” les mots résonnèrent jusque dans ses os, et elle frissonna.
Elle sauta à travers l’un des nombreux trous dans le mur et atterrit dans une chambre vide. Les odeurs de poussière et de moisissure la frappèrent comme un poing, et elle fronça les sourcilles. Elle devait faire au plus vite.
Normalement, il devrait y avoir une dizaine de personnes dans le bâtiment. Deux ou trois d’entre eux gardaient l’argent volé en permanence, et se relayaient toutes les deux heures. Éviter le combat était donc impossible. Mais il y avait de bonnes chances pour qu’il s’agisse uniquement de sous-fifres, donc ils ne lui poseraient pas de problème. Le mieux qu’elle avait à faire était de chercher une pièce avec l’odeur de plusieurs personnes, d’attaquer par surprise en faisant en sorte qu’ils ne puissent pas donner l’alerte, et repartir avec son butin.
Elle passa dans le couloir, humant l’air dans l’espoir de trouver une piste. Elle trouva quelque chose : trois odeurs, faibles mais notables, un étage plus bas. Elle courut sur la pointe des pieds, sans faire le moindre bruit.
Elle arriva dans un escalier, sauta sur un mur, prit appui dessus, et plongea sur le palier inférieur, toujours aussi silencieuse. Elle se réceptionna avec une roulade souple. En se relevant, elle huma à nouveau. L’odeur était plus forte, évidemment. Quatrième pièce du fond, sur la gauche. Parfait.
Elle avança jusqu’au couloir, et elle se figea : un des Red Fangs lui faisait face, lui aussi paralysé par la surprise. Il eu une longue pause, puis l’homme ouvrit la bouche :
- “Belladona ?, qu’est ce que tu…..”
Blake ne répondit pas : elle donna sa forme de pistolet à son arme, et tira trois fois, le touchant en pleine poitrine. Il s’effondra silencieusement.
Il devait être encore en vie grâce à la protection de son Aura, mais il ne la gênerait plus. Blake n’avait plus le choix : elle se mit à courir en direction de la pièce où se trouvait l’argent, la main posée sur son arme. Deux autres hommes sortirent de la pièce qu'elle avait repérée.
Celui de gauche sortit une mitrailleuse, celui de droite un dussack , les armes utilisées par tous les sous-fifres des Red Fangs. Blake sortit immédiatement de la ligne de tir du premier et fit jaillir la lame courbée d’un wakizashi de son pistolet, alors que l’homme de droite chargeait comme un taureau. Quand il arriva à portée, il arma un large coup fendant. La lame toucha l‘épaule de Blake, et celle-ci disparut sous ses yeux.
Il n'eut pas le temps de se demander ce qu’il se passait qu’une douleur ardente explosa dans ses côtes.
Il baissa les yeux : Blake était réapparue, dans une posture quasiment accroupie, son sabre dans la main droite. La sale petite…. Il allait armer un nouveau coup quand sa tête fut violemment rejetée sur la droite, et que son cerveau se noya dans la souffrance.
En tombant, il vit le bras gauche de la jeune fille, qui tenait une épée à lame large, semblable à celle d’un hachoir. Elle m’a attaqué dans l’angle mort, compris-t-il, alors que ses yeux se fermèrent d’eux-même.
Ayant le champ libre, le deuxième Red fang tira. Inutile : Blake dévia les balles avec ses épées tout en continuant à avancer. Son adversaire continua de tirer bêtement pendant quelques secondes, avant de tomber à court de munitions. Il mit la main à sa ceinture pour y prendre un chargeur, mais Blake était déjà sur lui : elle lui asséna un coup de pied à la tête, qui l'assomma et le propulsa contre la porte, l'arrachant de ses gonds.
Blake l’attrapa d’une main et se colla à lui, s'improvisant un bouclier.
Bien lui en fit : deux autres hommes attendaient à l’intérieur, leurs mitrailleuses braquées sur l’entrée. En voyant leur collègue apparaître soudainement, ils hésitèrent à tirer. Blake en profita pour redonner sa forme de pistolet à son arme, et tira depuis sa couverture, les abattit tous les deux sans leur donner la chance de répliquer.
Elle laissa le sous-fifre qu’elle agrippait tomber par terre, et se redressa. Deux sacs de sport reposaient sur une table Blake regarda à l’intérieur : au moins 60 000 dollars au total. Exactement ce qu'il lui fallait pour tenir quelques mois à Beacon. Falsifier des papiers ne serait pas un problème. Et même être découverte par les autorités était préférable à être retrouvée par Adam.
…………
- “Nous sommes donc bien d’accord pour dix mille ?” fit Roman Torchwick d’un ton doucereux et écoeurant. Ce n’était pas une question.
- “Vendu” grogna son interlocuteur entre ses dents. Il n'essayait même pas de cacher sa frustration.
Roman sourit comme un chat et lui tendit la main. Hei la regarda une seconde avant de la serrer. Fort. Le sourire de Roman s’élargit, et il se leva.
- “Toujours agréable de faire des affaires avec toi, Junior”.
Hei ne répondit pas, serrant encore plus les dents, si c’était possible.
Roman lui tourna le dos pour sortir du club en faisant tournoyer sa canne, tranquille.
Hei s'efforça de se calmer. Détruire son propre club ne lui apporterait rien. Il enverrait peut-être ses hommes prendre un peu d’argent chez les vendeurs du quartier. “ Pour leur protection”. Oui. ça l'aiderait à se passer les nerfs.
Il se leva de la table, et descendit jusqu’au club. Il avait besoin d’un verre. Ou dix. Il se fraya un chemin dans la foule jusqu’au comptoir. Une autre personne s’y trouvait déjà, mais il n’y prêta pas attention.
Sans qu’il eut à dire quoique ce soit, le barman se retourna pour attraper une bouteille et un verre. Il se tourna vers la personne qui attendait. Il s'agissait d’une fille, blonde, avec une longue crinière de cheveux qui lui descendait dans le creux de reins. Elle était jeune. Trop au goût d’Hei. Les mineurs attiraient les ennuis. Et les flics. Ou pire, les hunters et les héros. Il se rapprocha d’elle. Avec un peu de chance, ça serait facile de la faire sortir.
- “Eh petite, t’es pas un peu jeune pour traîner dans un bar ?”, lança t’il d’un ton le plus agressif possible.
La fille se retourna lentement pour lui faire face.
- “ Et toi, t’es pas un peu trop vieux pour te faire appeler Junior ?” rétorqua t’elle avec un sourire moqueur.
C’est qu’une gosse , elle sait pas de quoi elle parle se dit il en essayant de se calmer. Et puis merde, non. Il était hors de question qu’une petite pisseuse le prenne de haut comme ça.
Il la pointa avec les doigts de sa main droite. “Ecoute moi bien, gamine, t’a intérêt à me parler sur un autre ton, si tu veux pas….arrrgh !”.
La “gamine” avait attrapé l’index de sa main tendue, et s’était servie de cette prise pour tordre tout son bras.
- “ Premièrement, tu m’appelles “mademoiselle”, pas “gamine”, entendu ?” Elle resserra sa prise sur son bras.
- “D’a…..d’acc….d’accord” articula difficilement Hei.
Du coin de l'œil, il vit que ses hommes assistaient à la scène sans bouger. Merde, que c'était humiliant. La blondinette semblait aussi s’en être aperçue.
- “Deuxièmement, si tu me donnes ce que je veux savoir, je te laisse tranquille”.
Elle sortit son scroll, et fit apparaître l’image d’une personne en kimono rouge et noir, dont le visage était couvert par un grand masque blanc, presque un casque, qui évoquait les grimms. Malgré ça, on devinait sans peine qu’il s’agissait d’une femme. Hei avait l’impression de l’avoir déjà vue, mais il ne se souvenait plus où.
- “On dit que tu sais tout sur tout le monde. Tu sais où je peux retrouver cette personne ?”
C’était pas le moment d’être malhonnête.
- “Non, je te le jure, lâche-moi maintenant !”.
La gamine eut une moue de déception, baissa la tête, puis foudroya Hei du regard. Les pieds de ce dernier quittèrent soudainement le sol et il fut projeté sur le côté avant de fracasser une table.
Il se releva autour de ses hommes. La gamine l’avait balancé dans le décor comme de rien. D’accord, finit d’être gentil.
- “Donnez-lui une leçon !”, cracha t’il, haineux, en s’armant de sa batte bazooka.
Les deux douzaines d’hommes se mirent en mouvement, diverses armes blanches à la main. Putain, elle allait le regretter.
Si Hei avait été plus attentif, il aurait remarqué que la “blondinette” souriait à pleines dents.
La jeune fille se mit en garde de boxe, tandis que ses gantelets de métal s’animaient. Elle fonça sur le groupe de malfrats, toujours souriante. Elle exécuta un direct en direction du premier homme, et la détonation d’un fusil à pompe retentit dans la salle. Le tir le toucha en pleine poitrine, et il s'écroula, vivant mais hors combat. La jeune fille répéta le geste pour le deuxième homme, puis le troisième, et le quatrième.
Elle en avait abattu une quinzaine quand l’un d’entre eux s’approcha suffisamment pour armer un coup de hache. Elle fracassa la hampe de l’arme d’un revers du bras gauche, le frappa avec un jab au foie, et l’acheva avec un coup de pied à la tempe, qui le fit tourner sur son axe et se ficher dans le marbre comme un piquet, tête la première.
Un nouveau malfrat fonçait droit sur elle, mais du coin de l’oeil, elle vit qu’un deuxième essayait d’attaquer dans son angle mort. La cible prioritaire. Elle lui enfonça violemment le coude dans le plexus pour le neutraliser, et tira une balle dans l’estomac de l’homme devant elle, qui s’effondra, vaincu. Elle pivota, et décocha un coup de pied latéral à l’homme derrière elle. Elle l'atteignit en plein dans le plexus et l'assomma sur le coup.
Le reste du gang formait toujours un cercle autour d’elle, mais ils hésitaient à s’avancer. Puis, Junior émerga de la foule, brandissant son arme haut au-dessus de sa tête, rugissant comme un animal.
La jeune fille bondit à sa rencontre. Elle enchaîna trois coups rapides à la tête, qui cassèrent l’élan de son adversaire. L’ouverture idéale. Elle lui délivra une avalanche de coups, sans pause : coup de pied dans l’arrière du genou pour fragiliser son appui, crochet à la tête, suivit d'un coup de coude, d'abord du bras droit, puis du gauche, un uppercut au foie, deux directs au plexus, un nouvel uppercut au menton….
Hei recula sous l’assaut, tentant de se protéger avec sa batte.
La jeune fille s’arrêta soudainement, prit appui sur jambe droite et sauta, faisant un tour sur elle-même. Hei en profita pour tenter de lui asséner un coup de batte, mais la fatigue et la douleur le rendirent lent et maladroit.
La jambe gauche de la jeune fille passa devant lui sans le toucher, et, l’espace d’un instant, Hei crut avoir gagné, mais la jambe droite de la blondinette fracassa sa batte en d'innombrables morceaux de métal.
Le coup fut tellement violent que le malfrat le ressenti dans tout son corps, et une douleur dans les bras lui fit dire que les articulations de ses coudes étaient déboitées.
À ce stade, quand la blondinette le fit tomber par terre avec une balayette, avant de lui écraser le visage, il fut presque soulagé d’être inconscient.
Les hommes de main restant regardèrent la scène, médusés. La jeune fille se tourna vers eux, et ils reculèrent instinctivement de plusieurs pas, se pressant les uns contre les autres.
Un sourire moqueur s'épanouit sur le visage de la blonde, et elle se dirigea tranquillement vers l’entrée du club en leur tournant le dos.
Une fois dehors, la jeune fille soupira en enfourchant sa moto. Encore une piste qui ne menait nulle part. Elle commençait à se demander si elle y arriverait un jour. Non . Il fallait qu’elle la retrouve. Qu’elle comprenne pourquoi. Peu importe le temps que ça prendrait.
By the last breath of the fourth winds blow Better raise your ears The sound of hooves knocks at your door
Elle attrapa son scroll et décrocha, puis une voix familière lui fit vriller les tympans.
- “Yang ! JEVAISPARTIRABEACONAVECTOI….”
- “Rubes ?” lança Yang, incrédule. “ Calme toi, qu’est ce que tu racontes ?”
- “JevaispouvoirpartireàBeaconavectoi”
- “Quoi ?, Comment ça se fait ?, qu’est ce qui c’est passé ?”
- “J’étais à From Dusk Till Down, et puis une bande de bandits ont essayé de le dévaliser, et on s'est battus, et une huntresse m’a trouvée, et le professeur Ozpin a accepté que j’entre avec deux ans d’avance !”.
Yang eu une bouffée de fierté et sourit à pleines dents.
- “Mais c’est génial Ruby !, je suis fière de toi ! Tu es où ?”
- “A l’angle de la cinquième et la sixième”.
- “Je viens te chercher, on va fêter ça ! Ce soir, nuit blanche !”.
Avant que sa soeur n’ait pu protester, Yang raccrocha et s’élança sur la route, folle de joie. Ruby serait avec elle à Beacon ! C’était la meilleure chose qui pouvait leur arriver à toutes les deux. Elle aurait quelqu’un sur qui compter, et de toute façon, Ruby était trop douée pour tourner en rond à Signal deux ans de plus. Oui, elles seraient ensemble, et démoliraient tout ce qui se trouverait sur leur chemin.
Yang Xiao Long s’enfonça dans les rues de Vale, l’adrénaline pulsant dans ses veines.
